Crevaison, avec Martine "mon assistance" en haut du Tourmalet, avant la vertigineuse descente sur Barèges

;


Cette ombre frissonnante aperçue dans la montée ce matin, je me suis souvenu de Jacques Anquetil

Cinq fois  je me suis mesuré au col du Tourmalet (avec des barres de céréales)
La première fois j’ai allumé un cierge à la vierge de Sainte Marie de Campan et me suis lancé dans la montée du col.
C’est rituel, le méchant petit virage après Grip donne la cadence de la danse cyclique et vous pousse déjà au tréfonds de vous-même.
Dans la montée le corps devient douloureux, la sueur inonde les yeux, les tempes et le coeur cognent.
L’eau tiède du bidon devient imbuvable, il fait chaud, très chaud, le bitume fait des mirages.
Pourtant dans l’odieuse pente de la Mongie, le sommet semble à portée de main, mais à chaque tour de roue ce salaud recule.
Je vous salue Marie pleine de grâce… j’ai la gorge en feu.
Plus que deux virages…je vous salue Marie pleine de grâce.
Ce sera bientôt la délivrance.
Sans doute grâce à la bougie de Sainte Marie de Campan ou à  l’ombre frissonnante aperçue dans la montée, je me suis souvenu de Jacques Anquetil.
il est midi une pancarte en lettres blanches me sourit, Tourmalet altitude 2115 m, j’essuie une larme au coin des yeux.

Entrainement préalable : 5000 km les mois précèdants sur les routes de Sologne, Sancerrois, Pyrénées.
            

L’age de jouer les anciens combattants en montrant mes médailles ;-)

     

23 ème Randonnée des Cols Pyrénéens  14 et 15 juillet 1990 – n°368

224 km/4000 m de dénivelée – Col du Tourmalet – Col de Couraduque – Col du Soulor – Col d’Aubisque –  Départ à 3h du matin sous l’orage.  Des milliers de petites lumières dans les rue de Pau.  Bagnères de bigorre au lever du jour, les premières chutes.  Sainte Marie de Campan, au pied du Tourmalet, pas de cierge à la vierge,  pas le temps, certains d’entre-nous se signent.  Grip, La Mongie, Le col du Tourmalet, puis la descente, impressionné et tendu, à 75 km/heure vers Barèges, Luz-Saint-Sauveur, Argeles Gazost…  Debout sur le vélo, douloureux, dans la brume et la chaleur je grimpe péniblement le col de Couraduque.  Et voici la belle vallée d’Aucun, rassurante et fraîche. Puis la montée vers le col du Soulor, la fatigue comme compagne de route.  Aussitôt c’est le col de l’Aubisque, pentu et raide,  dans la brume et le crachin .  Pas d’alternative au sommet il faut descendre, solitaire, vers Laruns la peur au ventre, route très glissante, brume épaisse et poisseuse.  C’est vertigineux, on ne voit pas à dix mètres.  Je m’entends prier, toute  ma vie  passe comme un film.  Enfin je rejoins un petit groupe de locaux, accepte joyeusement leur invitation pour rentrer sur Pau dans les roues.


L’atelier d’André Thauvin rue du Clos Rozé à Orléans
Mon beau vélo rouge, monté par André Thauvin, en tube Reynolds 501 avec lequel j’ai fait des millliers de kilomètres et gravi de nombreux cols. Aujourd’hui il est hors d’usage, mais je le garde comme une précieuse relique dans mon garage.